Quand le Management part en sucette !

Rédigé le 28/01/2026


La CFDT t'explique... 

Quand le Management part en sucette ....

➡️ Pousser un salarié à partir  
➡️ Créer les conditions de son échec  
➡️ Le laisser seul face à des difficultés connues  
➡️ Ne lui apporter ni soutien, ni formation, ni accompagnement  
➡️ Ignorer son employabilité  

❌ Ce n’est pas du management.  

⚠️ C’est une maltraitance professionnelle, et le droit du travail la sanctionne.

⚖️ Ce que dit la loi (textes vérifiés)

🔷 1) Exécuter le contrat de travail de bonne foi :

📜 Article L1222‑1 du Code du travail  
> « Le contrat de travail est exécuté de bonne foi. »

➡️ L’employeur n’a pas le droit d’organiser l’échec d’un salarié, ni de rester passif face à ses difficultés.

Exemple :  
Un salarié signale un manque de moyens.  
Aucune réponse.  
On lui reproche ensuite ses résultats.  
👉 Les juges condamnent ce type de comportement.

🔷 2) Assurer la formation et l’adaptation : 
📜 Article L6321‑1 du Code du travail  
> L’employeur doit adapter le salarié à son poste et maintenir son employabilité.

➡️ Laisser un salarié sans formation, puis lui reprocher ses erreurs = manquement grave.

Exemple :  
Nouveau logiciel → aucune formation → reproches → sanction.  
👉 Les prud’hommes donnent raison au salarié.

🔷 3) Protéger la santé physique et mentale: 

📜 Article L4121‑1 du Code du travail  
> L’employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

➡️ Cela inclut la prévention du stress, de la surcharge, de l’isolement et des pressions.

Exemples :  
- surcharge durable sans renfort  
- pression constante  
- isolement volontaire  
- absence totale de soutien  

👉 Ces situations relèvent des risques psychosociaux et engagent la responsabilité de l’employeur.

🚨 Ce que les juges sanctionnent régulièrement

⚠️ Les juridictions prud’homales condamnent :  
• les mises à l’écart volontaires  
• les objectifs irréalistes ou flous  
• l’absence d’accompagnement  
• le renversement de responsabilité (échec managérial → faute du salarié)

➡️ Ces pratiques sont contraires à la bonne foi et à l’obligation de sécurité.

❌ Quand la situation devient illégale 

Ces comportements peuvent constituer :  
- un manquement à la bonne foi  
- une atteinte à la santé mentale  
- une rupture abusive du contrat  
- voire un harcèlement managérial selon les faits

Exemple :  
Un salarié est isolé, privé d’informations, critiqué sans soutien.  
👉 L’isolement peut être reconnu comme un élément de harcèlement moral.

🚫 Ce que l'employeur ne peut PAS reprocher à un salarié

Il ne peut pas reprocher à un salarié  
ce qu'il a laissé se dégrader par inertie ou par stratégie.

Le management n’est ni :  
- une épreuve de résistance,  
- ni une sélection par l’épuisement.

Exemple :  
Le salarié alerte sur une charge de travail ingérable.  
Aucune mesure.  
On lui reproche ensuite les retards.  

👉 Les juges considèrent que l’employeur ne peut se prévaloir de ses propres manquements.

🔥 Mise à jour 2026 : 

une démission peut être requalifiée en licenciement

Une démission n’est pas toujours considérée comme un choix libre.  
Depuis une décision de la Cour de cassation du 13 novembre 2025 (n° 23‑23.535), largement commentée dans les revues juridiques début 2026, les juges rappellent qu’une démission peut être requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse lorsque :

- le salarié avait alerté sur une surcharge de travail ou des conditions de travail dégradées,  
- l’employeur n’a rien fait pour corriger la situation,  
- la démission est en réalité une réaction à l’épuisement ou à un manquement grave de l’employeur.

👉 Dans ce cas, la démission est dite « équivoque », c’est‑à‑dire qu’elle ne traduit pas une volonté claire et libre du salarié.

Exemples concrets :

- Un salarié signale une surcharge ingérable pendant des mois → aucune mesure → burn‑out → démission.  

- Un salarié demande une formation ou des moyens pour tenir son poste → silence de l’employeur → erreurs → démission par épuisement.  

- Un salarié alerte sur un rythme dangereux pour sa santé → aucune prévention → démission contrainte.

🚨Conséquences pour l’employeur :

- versement de l’indemnité de licenciement,  
- paiement de l’indemnité de préavis,  
- dommages‑intérêts pour licenciement abusif,  
- et, selon les faits, risque de reconnaissance de harcèlement moral.

💬 Conclusion

Organiser l’usure d’un salarié n’est pas une fatalité managériale.  
➡️ C’est une faute juridique.

Et c’est notre rôle syndical de le rappeler,  de le prévenir,  
et de protéger celles et ceux qui en sont victimes.


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